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01.01.08 / 21:12:54 / Enseignement, Entrepreneuriat

Comment former davantage d’entrepreneurs en France ? (18)

Thomas Legrain, Président de TL Conseil

Thomas Legrain, Président de TL Conseil

Proposition n°12 : encourager un développement volontariste par l’éducation nationale d’accords d’échanges avec un certain nombre de pays développés à forte croissance :

Les collégiens et les lycéens français doivent pouvoir bénéficier très tôt dans leur scolarité d’une ouverture à l’international. Le fait de leur donner l’opportunité de se rendre dans le cadre d’un échange académique dans des pays développés à forte croissance comme les Etats-Unis, l’Inde, la Corée du Sud ou encore la Chine leur permettra d’être au contact et de se familiariser avec des cultures entrepreneuriales qui encouragent l’initiative, la prise de risque, la création de richesse ou encore la promotion non pas à l’ancienneté mais au mérite. Ceci devrait peu à peu contribuer à faire évoluer les mentalités en France ainsi que le regard souvent négatif qu’ont les français de l’entreprise et de l’entrepreneuriat.

Les professeurs devront également se rendre à l’étranger et être vivement encouragés à partager des bonnes pratiques pédagogiques avec leurs collègues américains et asiatiques. Si le fait de donner un caractère obligatoire à ces échanges avec l’étranger ne semble pas souhaitable, il faut qu’ils soient pris en compte dans l’évaluation et l’avancement de carrière des enseignants.
Le contact avec des cultures entrepreneuriales dans des pays développés à forte croissance devrait contribuer à faire évoluer le regard et le jugement que le corps enseignant porte sur le monde de l’entreprise et sur la France en général.

En bénéficiant dès leur plus jeune âge d’une ouverture à l’international, les français se rendront compte très vite que la fiscalité française n’est pas si défavorable qu’ils le disent en encore qu’il n’est pas beaucoup plus compliqué qu’ailleurs de créer une entreprise en France. L’amélioration de l’image que nous avons de notre propre pays est un préalable pour que les étrangers aient une meilleure image de la France, ce qui contribuera à renforcer son attractivité.

Le but des accords d’échanges académiques qui pourraient être conclus entre l’Etat français et l’Etat américain, chinois ou indien est que peu à peu, en suivant l’exemple de l’EM LYON, l’ensemble des établissements secondaires (et des établissements supérieurs) français aient comme projet de « former des entrepreneurs pour le monde », dans le respect d’un double objectif de création de valeur économique et de création de justice sociale.

Thomas Legrain, Président de TL Conseil

25.11.07 / 17:12:16 / Enseignement, Entrepreneuriat

Comment former davantage d’entrepreneurs en France ? (17)

Thomas Legrain, Président de TL Conseil

Proposition n°11 : Multiplier les témoignages d’entrepreneurs « rôles modèles » dans les collèges et les lycées :

En règle générale, un enseignant sans vécu entrepreneurial peut tout à fait enseigner les principes généraux du management, de la création ou de la reprise d’entreprises moyennant une formation adaptée.

Il nous semble néanmoins difficile pour ce dernier de transmettre les valeurs entrepreneuriales et, en particulier, l’enthousiasme et l’abnégation d’un véritable entrepreneur. Dès lors il conviendra de faire intervenir plus régulièrement des entrepreneurs dans le cadre de certains cours.

Le recours à l’exemple est un passage inévitable dans le cadre d’une sensibilisation à l’entrepreneuriat. Les enseignants auraient tout intérêt à organiser de manière régulière des conférences qui permettraient de donner la parole à des entrepreneurs et à des professionnels de l’entrepreneuriat.

Nous n’entendons pas un remplacement des enseignements dispensés mais plutôt des témoignages et des récits de vie afin de partager un certain nombre de valeurs.

Il conviendra de veiller à ne pas tomber dans l’écueil qui consisterait à ne montrer que la réussite aux élèves, à leur laisser croire que créer une entreprise est ouvert à tous et que le succès est systématiquement au bout de l’aventure.
Il semble important de fournir aux élèves une perception du risque propre à l’entrepreneuriat en présentant la part de sacrifices, de doutes et d’échecs qui lui est spécifique.
Il faudra penser à faire témoigner et intervenir des personnes qui ont échoué et qui se sont relancées. En effet, notre pays souffre d’un problème de mal être vis-à-vis de la notion d’échec et c’est grâce à la dédramatisation de ce concept au plus jeune âge que nous pourrons faire comprendre aux futurs créateurs de demain que l’échec n’est non seulement pas définitif mais encore qu’il constitue une source d’apprentissage très importante.

Les objectifs de ces témoignages pourraient être les suivants :

Entreprendre : raconter et donner envie
• Faire comprendre ce qu’entreprendre signifie à savoir se mobiliser pour monter un projet à partir d’une envie. On peut prendre son avenir en main en créant son entreprise, son association, dans un groupe ou dans le secteur public. Il s’agit d’un état d’esprit.
• Donner envie d’entreprendre, en racontant ses aventures d’entrepreneurs : avec ses joies, ses difficultés, ses réussites, ses erreurs, … Faire prendre conscience qu’entreprendre constitue une source d’épanouissement et d’opportunités.
• Faire comprendre qu’entreprendre n’est pas réservé à une élite : faire naître le « entreprendre… pourquoi pas moi ? ».

L’univers professionnel : présenter les notions principales
• Les différents environnements professionnels : entreprise / association, privé / public, TPE / grand groupe, artisanat / commerce / industrie / services, entreprise individuelle / société.
• Les métiers clés de l’entreprise : commerce, marketing, finance, informatique, RH, production, …
• Les mécanismes de l’entreprise : approvisionnement chez les fournisseurs, production, vente aux clients, financement, …
• La mise en perspective des études : insister sur leur importance.
• Les grands axes d’orientation scolaire et professionnelle.

Quelques messages clés à faire passer :

• Entreprendre, c’est réaliser une envie, c’est concrétiser un projet qui nous tient à cœur. On offre ainsi une perspective positive à sa carrière professionnelle.
• Il y a plusieurs façons d’être entrepreneur : chef d’entreprise, profession libérale, commerçant ou artisan, responsable associatif, intrapreneur au sein d’un groupe ou d’un service public, … C’est une notion transversale à tous les métiers.
• Trouver sa voie professionnelle permet d’aller travailler avec plaisir, et non par contrainte. Le travail peut constituer une source d’épanouissement.
• Entreprendre est permis à tout le monde : cela ne présuppose pas d’être génial (ce qui rendrait le concept inaccessible), mais plutôt curieux, travailleur, courageux, persévérant. Cela ne présuppose pas d’être riche au départ ; il est possible d’aller chercher de l’argent auprès de ceux qui croient au projet.
• Entreprendre résulte souvent d’un travail d’équipe : les cofondateurs, les collaborateurs, les fournisseurs, les investisseurs, … La réussite est aussi affaire de rencontres, de solidarités ou encore de partenariats.
• L’échec n’est pas tragique et n’est jamais définitif. Beaucoup d’entrepreneurs réussissent après avoir surmonté un ou plusieurs échecs.
• Les difficultés liées à l’entrepreneuriat existent, on ne réussit pas à tous les coups. Il y a des risques à appréhender et des obstacles à surmonter.
• Les études et les diplômes sont importants pour réussir dans sa vie d’entrepreneur.
• Entreprendre n’est pas la seule façon de réussir sa vie professionnelle. On peut être heureux comme salarié.
• Créer et développer une entreprise, c’est également faire œuvre utile : répondre à des besoins, créer des emplois, financer la collectivité, encourager l’intégration, …
• L’entreprise n’est pas l’ennemie du salarié : elle lui apporte un emploi, un revenu, une possibilité de formation et de progression.
• Le chef d’entreprise n’est pas l’adversaire de l’employé : leurs intérêts sont liés, le succès de l’un portant celui de l’autre.

Remarque : si cette mesure est stratégique dans le cadre des actions de sensibilisation à l’entrepreneuriat qui doivent être mises en place dans le cadre de l’enseignement secondaire, elle devra également continuer à être appliquée dans le cadre de toutes les filières de l’enseignement supérieur.

Thomas Legrain, Président de TL Conseil

23.11.07 / 19:25:04 / Enseignement, Entrepreneuriat

Comment former davantage d’entrepreneurs en France ? (16)

Proposition n°10 : multiplier les visites en entreprises au collège :

L’enseignement de l’entrepreneuriat passe par le fait d’aller sur le terrain pour comprendre ce qu’est une entreprise et comment elle fonctionne. Ces visites en entreprises permettent de matérialiser un concept qui n’est pour la plupart des élèves que mots ou images, souvent influencé par ce qu’ils entendent lorsque leurs parents parlent de leur travail, de leurs collègues ou de leur patron. Il faut donner à voir à nos jeunes aussi bien ce qu’est le travail à la chaîne que le quotidien d’un entrepreneur individuel, d’un dirigeant de PME ou d’un dirigeant de grand groupe. Ils ont besoin de découvrir le monde de l’entreprise avant d’avoir à faire des choix sur leurs orientations professionnelles dont les premières échéances arrivent dès la classe de 4ème.

On pourrait par exemple imaginer l’organisation dans chaque région d’une journée portes ouvertes des entreprises qui permettrait aux élèves et à leurs professeurs de visiter différentes sociétés. Les entreprises consacreraient cette journée à l’accueil des élèves, leur feraient visiter leurs locaux, leurs usines et leur expliqueraient tout simplement comment elles fonctionnent. Cette journée serait une opération nationale, placée sous le patronage du ministre de l’Education nationale. Dans ce cadre, les collèges doivent s’organiser pour libérer une journée par an et les entreprises volontaires consacrent cette journée à l’éducation nationale, ce qui peut être considéré comme relevant de leur responsabilité sociétale. C’est une manière pour les chefs d’entreprises de transmettre et de faire partager leur passion pour inciter d’autres à en faire de même. Ce type d’action devrait être prise en compte dans les grilles de notation des agences de développement durable, dans une rubrique plus large : « que font les entreprises en faveur du développement de l’entrepreneuriat en France ? ».

Déroulé de la journée :
- visite d’une première entreprise le matin (2h) et d’une seconde entreprise l’après-midi (2h) ;
- durant ces deux heures, une heure sera consacrée à la visite même du site ainsi qu’à la présentation du chef d’entreprise (son parcours, ses activités, ses succès, ses difficultés, …) et une heure sera réservée aux questions de collégiens et à la réponse du dirigeant.

Tout jeune sortant du collège aura ainsi rencontré à la fin de la troisième 8 chefs d’entreprises.

Cette initiative permet de :
- aider les élèves dans leur orientation ;
- rapprocher les élèves de la réalité concrète du monde de l’entreprise ;
- maintenir la dimension rêve et réalisation de soi chez les jeunes ;
- susciter des vocations.

Ces visites pourraient éventuellement être étendues aux technopoles, aux CEEI et aux incubateurs.

Thomas Legrain, Président de TL Conseil

10.11.07 / 10:34:55 / Enseignement, Entrepreneuriat

Comment former davantage d’entrepreneurs en France ? (15)

Proposition n°9 : mettre en place un projet entreprise ou associatif en classe de 4ème :

Ce projet entreprise ou associatif prendrait la forme d’un cours intégré à la pédagogie. Pendant toute l’année scolaire, les élèves, par groupes de l’ordre de cinq personnes, encadrés par un tuteur (cadre d’entreprise, dirigeant de PME, …), réaliseraient une mission d’étude confiée par une entreprise ou une association sur un sujet défini par celle-ci et validé par l’enseignant et le tuteur. Le projet entreprise ou association déboucherait en fin d’année sur un rapport de synthèse et une soutenance publique devant la classe, les parents d’élèves, …

Thomas Legrain, Président de TL Conseil

28.10.07 / 12:21:22 / Enseignement, Entrepreneuriat, Innovation, Réflexions diverses

Comment former davantage d’entrepreneurs en France ? (14)

Thomas Legrain, Président de TL Conseil

Proposition n°8 : étendre les actions de sensibilisation à l’entrepreneuriat à tous les collégiens :

Les actions de sensibilisation à l’entrepreneuriat concourent aussi bien à faire évoluer les élèves sur des registres culturel et comportemental qu’à leur transmettre des connaissances et des savoirs utiles pour l’action.

Les actions de sensibilisation doivent avant tout permettre aux élèves de mieux connaître le monde économique, l’entreprise et les métiers. Elles doivent leur permettre de réaliser par eux-mêmes qu’ils ont les capacités de créer, d’innover, de travailler en équipe, de conduire des projets et de prendre des décisions.

Ces actions doivent donc permettre de développer des qualités chez les élèves telles que la créativité, l’autonomie, la capacité à conduire un projet, la ténacité, l’engagement personnel et le sens des responsabilités.

Une opportunité d’introduire le thème de l’entrepreneuriat dans les collèges est offerte par le développement des Options de Découverte Professionnelle (DP 3 ou 6) en classe de 3ème. Les élèves ont 90 heures d’enseignement pour découvrir le monde de l’entreprise. Un module de 30 heures pourrait être consacré aux thèmes liés à l’entrepreneuriat, étant entendu que les élèves devront préalablement bénéficier d’une information sur le monde professionnel, les métiers et le fonctionnement de l’entreprise.

Les actions de sensibilisation pourraient également être intégrées dans les cours d’éducation civique.

L’initiation à l’entrepreneuriat devrait au minimum faire l’objet d’un chapitre dans les manuels scolaires. Le contenu d’un tel chapitre devra :
- donner une image positive de l’entrepreneur et de l’entreprise (création d’emplois, création de richesses qui bénéficient à l’ensemble de la collectivité, création de justice sociale, …) ;
- insister sur l’importance pour un jeune de développer les attitudes et les aptitudes qui caractérisent un entrepreneur, même pour ceux qui ne seront pas amenés à créer ou à reprendre une entreprise ;
- présenter la diversité des formes d’entrepreneuriat : création d’entreprises, reprise d’entreprises, intrapreneuriat ;
- mettre en évidence la diversité des entrepreneurs : entrepreneurs de l’économie sociale et solidaire, entrepreneurs issus des quartiers, …

Pour ce faire, il est indispensable que les instructions ministérielles soient claires et sans ambiguïté d’une part et que les inspecteurs académiques jouent un rôle moteur d’autre part.

Pour faciliter la promotion de ces actions de sensibilisation, le recrutement d’agents de sensibilisation, à l’image des expériences québécoises et belges, devrait être envisagé. Ces agents constituent des relais de proximité très efficaces pour nouer des contacts avec les directions des établissements scolaires et les enseignants en vue de présenter toutes les possibilités offertes en matière de développement de l’esprit d’entreprendre et de contacts avec le monde de l’entreprise.

Initiative concrète mise en place en juin 2007 par deux étudiants de l’enseignement supérieur pour développer la sensibilisation à l’entrepreneuriat dans les collèges :
Réalisation d’une bande dessinée ludoéducative « Lucy et Valentin créent leur entreprise », qui permet d’amener les élèves en classe de 4ème et 3ème à développer leur esprit d’entreprise. Distribuée en classe, cette bande dessinée permet soit une activité de groupe encadrée par un professeur, soit une sensibilisation individuelle des élèves. Chacune des étapes de l’histoire permet d’aborder un aspect de la création d’entreprise tout en apportant du contenu pédagogique. Ainsi à chaque page de bande dessinée correspond une page d’approfondissement, permettant à l’élève d’en savoir plus : témoignages de personnes clés du monde de la création d’entreprise, statistiques, présentations d’entreprises, explications de vocabulaire, …

Thomas Legrain, Président de TL Conseil

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