Archives de la catégorie ‘Emploi’

28.03.08 / 22:48:04 / Emploi

Le chômage est un signe de santé et de progrès !

Gérard Denamps

On ne viendra jamais à bout du chômage car le chômage est avant tout un signe de santé et de progrès. Il est donc inutile de le combattre : il faut au contraire l’intégrer pleinement dans notre économie et le considérer non pas comme un désastre mais comme signe extérieur de progrès. Je m’explique :

On oublie constamment que la cause principale du chômage provient des formidables progrès technologiques dont nous bénéficions depuis plus d’un siècle. Partout, des procédés – d’abord mécaniques, puis électriques, et maintenant électroniques – nous libèrent en exécutant à notre place des tâches de plus en plus complexes, et l’ordinateur et ses dérivés en sont bien sûr l’exemple le plus concret.

Un nombre incalculable de corvées et de professions a disparu en raisons de nos avancées technologiques, et c’est une bonne chose pour l’Humanité tout entière. Mais il faut cesser d’être illogique : on ne peut pas à la fois se libérer du joug du travail et regretter d’avoir perdu ce travail. La ménagère qui appuie sur le bouton de sa machine à laver, ne regrette certainement pas l’époque pénible du lavoir. L’agriculteur qui cultive ses terres, calfeutré dans son tracteur informatisé, ne regrette pas davantage le temps du soc tiré par un boeuf. Personne ne pleure les diligences ni les lampes à pétrole ! Alors pourquoi le progrès qui génère du temps libre et du bien-être au niveau individuel, devient-il un élément hautement perturbateur sur le plan social ?

La réponse est extrêmement simple : technologiquement, nous sommes au 21e siècle alors que sur le plan politique et social nous pataugeons encore en plein 19e siècle !

Nos lois, nos règles, notre organisation, notre conception du travail, fonctionnent toujours selon des schémas vieux de plus de cent ans et totalement inadaptés à notre environnement technique. Et c’est de cette discordance entre avancées scientifiques et vétusté sociale que proviennent tous nos maux.

L’industrie naissante du 19e siècle avait besoin de bras pour faire tourner les usines et autres entités économiques (mines, routes, transports, administration, etc.). Toute l’organisation sociale et industrielle s’était donc orientée vers ce principe simple : il faut attirer un maximum de main d’œuvre pour produire ! C’était normal, on n’avait pas le choix…

Aujourd’hui, l’industrie n’a plus besoin de toute cette main d’œuvre et la rejette. Les robots envahissent tous les domaines et personne ne peut rien y changer.

Enfant, lorsque je prenais le métro, j’achetais mon ticket auprès d’un guichetier, puis un autre le poinçonnait. Chaque station avait un responsable de quai, et dans chaque rame siégeait un préposé à l’ouverture et à la fermeture des portes. Aujourd’hui je peux circuler sans rencontrer âme qui vive puisque tout est automatique et que certaines lignes n’ont même plus de conducteur du tout !

Et c’est la même chose dans presque tous les domaines. Tout ce qui est automatisable ou informatisable l’a été ou le sera, et la main d’œuvre est devenue une denrée périmée.

C’est une bonne et belle chose que des emplois stupides, dégradants ou pénibles aient été confiés à des machines. Mais qu’en est-il des hommes et des femmes qui vivaient de ces emplois ?

Et qu’on ne vienne surtout pas nous dire, comme dans les années 70, qu’il ne s’agit que de déplacements de main d’œuvre. L’expérience prouve qu’il y a transfert, certes, mais dans des proportions infimes et que nombre de transférés sont laissés quotidiennement sur la touche.

Vouloir éradiquer le chômage en créant des emplois est donc une utopie car le but de nos avancées technologiques est précisément de supprimer des emplois et de faire travailler l’électronique à notre place… Nous sommes donc en pleine contradiction avec nous-mêmes…

Il n’y a donc que deux solutions. La première serait d’arrêter le progrès et de détruire les machines. Ca serait radical et efficace. Les guerres d’ailleurs s’en chargent régulièrement et les pays en cours de reconstruction ne connaissent que rarement le chômage. Mais je crois que personne ne souhaite de retour en arrière, guerre ou pas guerre…

La seconde solution serait de se débarrasser enfin de notre mode de pensée du 19e siècle. Tant que l’on s’accrochera à cette idée périmée que le travail est obligatoire et indispensable pour vivre, on ne s’en sortira pas !

Il faut donner un sens et une valeur différente au travail. Il faut penser la société différemment. Il faut réorganiser la répartition des richesses sur d’autres critères. Peut-être faut-il créer des outils d’échange autre que l’argent, de nouvelles valeurs, de nouvelles règles ?

La mutation se fera, c’est certain, peut-être en douceur, peut-être dans le choc d’une révolution, mais elle se fera !

Facile à dire, me diront les accros du travail, mais difficile à réaliser…

Pas si sûr ! Car ce type de société a déjà existé de par le passé.

Depuis l’Antiquité, toutes les sociétés qui ont pratiqué l’esclavage ont fonctionné sur le principe du refus de travailler. Qui a vu que les Grecs ou les Romains, vautrés au milieu de leurs esclaves, se plaignaient du chômage ? Bien au contraire, plus ces gens étaient entourés, mieux ils se portaient. Le général vainqueur qui ramenait des foules de chair fraîche au lendemain de ses campagnes ne détruisait certes pas l’équilibre économique de son pays et n’était pas accueilli comme un destructeur d’emplois.

Alors pourquoi sommes-nous à ce point incapables de reproduire ce que nos lointains ancêtres ont su mettre sur pied. Quelles différences entre eux et nous ? Leurs esclaves étaient de chair et de sang, alors que les nôtres sont de métal et d’électronique…

Et alors ?

Gérard Denamps, concepteur du site www.lapagefinanciere.fr

05.03.07 / 18:31:34 / Emploi

Les jeunes ne veulent pas devenir fonctionnaires !

Résultat d’une étude Ifop de septembre 2006 : non, les jeunes n’ont pas tous envie d’être fonctionnaires !!

- 65% des moins de 30 ans ont une bonne image des chefs d’entreprise
- 46% ont envie de devenir leur propre patron
- 34% envisagent de travailler dans le privé
- 20% seulement veulent devenir fonctionnaires

Isabelle de Charon, Etudiante HEC-Entrepreneurs

08.09.06 / 12:33:17 / Emploi

Aides publiques aux entreprises : l’emploi peut-il être un critère ?

Débat 2007

Subordonner le bénéfice des aides publiques accordées aux entreprises à un engagement ferme de créer des emplois en France peut sembler pertinent. De fait, cette mesure est souvent proposée, surtout lorsqu’une grande entreprise bénéficiaire d’aides publiques annonce des licenciements. Pourtant, sa mise en oeuvre serait moins simple qu’il n’y paraît…

Supposons qu’on impose aux entreprises d’augmenter leurs effectifs de 1 % pour recevoir une aide. Une firme bien placée sur un marché porteur remplira cette condition sans difficulté, et la subvention sera pour elle une pure aubaine. En revanche, maintenir seulement l’emploi dans certains secteurs en déclin est quasiment impossible, et il peut être parfaitement justifié d’aider les entreprises de ces secteurs qui licencient et préservent malgré tout des emplois. Cependant, même dans une branche en grande difficulté, il existe souvent des entreprises performantes capables d’augmenter leurs effectifs sans aide. Des subventions soumises à la condition de seulement maintenir l’emploi constituent pour elles aussi une aubaine.

Le seul critère pertinent est en fait le supplément d’emplois dans les entreprises concernées par rapport à une situation où elles n’auraient pas reçu d’aide, supplément d’emplois qu’il convient de mesurer sur une durée suffisamment longue pour éviter des effets purement calendaires (on maintient l’emploi pendant un an pour bénéficier de l’aide et on licencie ensuite).

Les entreprises sont elles-mêmes souvent incapables d’estimer les créations nettes d’emplois permises par les aides qu’elles ont reçues. Il est totalement illusoire de penser que les administrations chargées de gérer ces dispositifs pourraient en être capables. Cela supposerait une connaissance extrêmement fine de chaque entreprise qui est totalement hors de portée, même en multipliant par dix les fonctionnaires concernés et en leur adressant des circulaires méthodologiques de vingt pages.

Les conditions relatives à l’évolution des effectifs qui sont posées pour l’attribution des aides aux entreprises n’ont aucun intérêt, de même que les engagements en termes d’emplois pris par les entreprises ou leurs organisations professionnelles. Il est, pour les mêmes raisons, inutile de compter les signatures de contrats de travail aidés. Plus exactement, ces comptages ont un intérêt budgétaire, puisque le nombre de contrats signés détermine directement le coût du dispositif pour les finances publiques, mais ils ne permettent pas de connaître les créations nettes d’emplois induites par ces contrats.

Cela ne veut pas dire qu’on ne sait pas évaluer l’efficacité des aides aux entreprises et qu’il faut toutes les supprimer. On peut estimer leur effet net sur l’emploi mais statistiquement, par des méthodes économétriques, sur un échantillon suffisamment grand de firmes. Il faut d’abord trouver les déterminants habituels de la croissance de leurs effectifs (l’augmentation de la consommation de leurs produits…). Ensuite, il faut examiner si l’attribution des aides a durablement modifié la croissance de leurs effectifs “toutes choses égales par ailleurs”, c’est-à-dire en tenant compte de la contribution des déterminants usuels à la croissance observée de ces effectifs. C’est beaucoup plus difficile que de compter les emplois et ce n’est même pas suffisant. Il faut aussi vérifier que les emplois nets créés dans les entreprises aidés n’ont pas pour contrepartie des destructions d’emplois dans les firmes non aidées dont les produits sont substituables. A nouveau, c’est possible mais beaucoup plus difficile qu’un simple comptage.

Point de vue écrit pour www.debat2007.fr

François Ecalle, Conseiller référendaire à la Cour des comptes

12.04.06 / 9:48:00 / Emploi

CroissancePlus pour un débat constructif sur la flexibilité du travail suite au retrait du CPE

Photo Edith Haurion d'Aubert
CroissancePlus prend acte du retrait du CPE, mesure qu’elle avait soutenue parce qu’elle avait le mérite de proposer une solution différente des traditionnels contrats aidés pour tenter de lutter contre le chômage des jeunes.

L’association estime que les mesures remplaçant l’article 8 de la loi sur l’égalité des chances sont pertinentes car elles s’appuient sur des dispositifs qui marchent (contrat de professionnalisation) et font écho à une proposition émise par l’association dès fin 2004, à savoir le recrutement de candidats basé sur la discrimination par le code postal.

Elle considère néanmoins que l’issue de la crise n’est gagnante pour personne. Le gouvernement perd une marge de manœuvre pour mener de prochaines réformes. Les jeunes continuent à avoir le choix entre le sempiternel triptyque des contrats à durée déterminée stage/CDD/Intérim. Et les entrepreneurs restent montrés du doigt alors qu’ils jouent un rôle moteur dans la création d’emplois.

« L’image négative du patronat est la conséquence directe de vingt ans de communication frileuse des entrepreneurs de terrain vers le grand public », commente Geoffroy Roux de Bézieux, Président de CroissancePlus. « Il est temps de mettre de côté la devise “pour vivre heureux, vivons cachés”. Il faut que les dirigeants des PME françaises osent expliquer quels sont leurs objectifs, à quels impératifs économiques ils sont confrontés et quelles sont les motivations de leurs décisions. De leur côté, les Français savent pertinemment que diriger une TPE/PME, ce n’est pas la même chose que diriger un grand groupe du CAC 40… »

CroissancePlus espère qu’un débat constructif sur la flexibilité du travail va enfin s’ouvrir et insiste à nouveau sur la nécessité d’adapter le code du travail aux réalités économiques d’aujourd’hui.

En ce sens, CroissancePlus rappelle deux des propositions qu’elle avait émises :

- Continuer de capitaliser sur le succès du CNE en l’étendant à toutes les entreprises de moins de 5 ans (communiqué du 2 janvier 2006) : chacun peut comprendre que ces entreprises ont une visibilité moindre sur leur activité future (et donc sur la pérennité des emplois qu’elle crée) par rapport à une entreprise établie depuis plus longtemps.

- Inscrire dans le contrat de travail CDI et ce à l’embauche, les conditions de rupture du contrat ainsi que le montant des indemnités de sortie des salariés ; en échange de quoi les dirigeants auraient la possibilité de mettre fin à un contrat en limitant les recours possibles devant les tribunaux .
Cette proposition s’inspire de l’évolution qu’a connue le code civil pour faciliter les procédures de divorce au travers des contrats de mariage.

L’association proposera prochainement un ensemble de propositions pour créer un environnement économique et juridique favorable au développement des entreprises françaises, et particulièrement des entreprises innovantes et de croissance.

Edith Henrion, Directeur général de CroissancePlus

05.03.06 / 15:26:11 / Emploi

Lille Métropole : “Tous pour le plein emploi”

Notre pays, notre région, notre communauté urbaine connaissent depuis quelques années une crise identitaire. Ce genre de phénomène n’est pas nouveau. Dans les siècles antérieurs, on résolvait ces crises par la mise en place d’une grande cause nationale souvent la même : « sus à l’ennemi ». On peut citer de nombreux exemples du rassemblement de la nation, de tout le peuple autour de cette cause.
Au vingt et unième siècle, un tel dénouement est impensable. Par contre notre communauté urbaine pourrait être à l’initiative d’une nouvelle grande cause nationale : « Tous pour le plein emploi ».
Le plein emploi est certainement la solution pour résoudre la crise que nous vivons.
Il faut donc absolument promouvoir la création d’entreprise par les jeunes, les mettre en valeur quand ils s’impliquent dans des petits boulots. Puis à partir de là par effet d’entraînement, créer un état d’esprit communautaire, puis régional, puis national de « tous pour le plein emploi ».
Arrêtons de philosopher sur le « c’est la faute à l’économie de marché ». Elle est mondiale depuis la chute du mur de Berlin. Bougeons, avançons, sinon nous tendrons à devenir un pays de touristes avec beaucoup d’exclus.

Eric Grimonprez, Collège des personnalités et Conseil de développement de Lille Métropole

TL Conseil Networking & Business Club
Newsletter

Syndiquez ce blog

Librairie