25.11.07 / 17:12:16 / Enseignement, Entrepreneuriat

Comment former davantage d’entrepreneurs en France ? (17)

Thomas Legrain, Président de TL Conseil

Proposition n°11 : Multiplier les témoignages d’entrepreneurs « rôles modèles » dans les collèges et les lycées :

En règle générale, un enseignant sans vécu entrepreneurial peut tout à fait enseigner les principes généraux du management, de la création ou de la reprise d’entreprises moyennant une formation adaptée.

Il nous semble néanmoins difficile pour ce dernier de transmettre les valeurs entrepreneuriales et, en particulier, l’enthousiasme et l’abnégation d’un véritable entrepreneur. Dès lors il conviendra de faire intervenir plus régulièrement des entrepreneurs dans le cadre de certains cours.

Le recours à l’exemple est un passage inévitable dans le cadre d’une sensibilisation à l’entrepreneuriat. Les enseignants auraient tout intérêt à organiser de manière régulière des conférences qui permettraient de donner la parole à des entrepreneurs et à des professionnels de l’entrepreneuriat.

Nous n’entendons pas un remplacement des enseignements dispensés mais plutôt des témoignages et des récits de vie afin de partager un certain nombre de valeurs.

Il conviendra de veiller à ne pas tomber dans l’écueil qui consisterait à ne montrer que la réussite aux élèves, à leur laisser croire que créer une entreprise est ouvert à tous et que le succès est systématiquement au bout de l’aventure.
Il semble important de fournir aux élèves une perception du risque propre à l’entrepreneuriat en présentant la part de sacrifices, de doutes et d’échecs qui lui est spécifique.
Il faudra penser à faire témoigner et intervenir des personnes qui ont échoué et qui se sont relancées. En effet, notre pays souffre d’un problème de mal être vis-à-vis de la notion d’échec et c’est grâce à la dédramatisation de ce concept au plus jeune âge que nous pourrons faire comprendre aux futurs créateurs de demain que l’échec n’est non seulement pas définitif mais encore qu’il constitue une source d’apprentissage très importante.

Les objectifs de ces témoignages pourraient être les suivants :

Entreprendre : raconter et donner envie
• Faire comprendre ce qu’entreprendre signifie à savoir se mobiliser pour monter un projet à partir d’une envie. On peut prendre son avenir en main en créant son entreprise, son association, dans un groupe ou dans le secteur public. Il s’agit d’un état d’esprit.
• Donner envie d’entreprendre, en racontant ses aventures d’entrepreneurs : avec ses joies, ses difficultés, ses réussites, ses erreurs, … Faire prendre conscience qu’entreprendre constitue une source d’épanouissement et d’opportunités.
• Faire comprendre qu’entreprendre n’est pas réservé à une élite : faire naître le « entreprendre… pourquoi pas moi ? ».

L’univers professionnel : présenter les notions principales
• Les différents environnements professionnels : entreprise / association, privé / public, TPE / grand groupe, artisanat / commerce / industrie / services, entreprise individuelle / société.
• Les métiers clés de l’entreprise : commerce, marketing, finance, informatique, RH, production, …
• Les mécanismes de l’entreprise : approvisionnement chez les fournisseurs, production, vente aux clients, financement, …
• La mise en perspective des études : insister sur leur importance.
• Les grands axes d’orientation scolaire et professionnelle.

Quelques messages clés à faire passer :

• Entreprendre, c’est réaliser une envie, c’est concrétiser un projet qui nous tient à cœur. On offre ainsi une perspective positive à sa carrière professionnelle.
• Il y a plusieurs façons d’être entrepreneur : chef d’entreprise, profession libérale, commerçant ou artisan, responsable associatif, intrapreneur au sein d’un groupe ou d’un service public, … C’est une notion transversale à tous les métiers.
• Trouver sa voie professionnelle permet d’aller travailler avec plaisir, et non par contrainte. Le travail peut constituer une source d’épanouissement.
• Entreprendre est permis à tout le monde : cela ne présuppose pas d’être génial (ce qui rendrait le concept inaccessible), mais plutôt curieux, travailleur, courageux, persévérant. Cela ne présuppose pas d’être riche au départ ; il est possible d’aller chercher de l’argent auprès de ceux qui croient au projet.
• Entreprendre résulte souvent d’un travail d’équipe : les cofondateurs, les collaborateurs, les fournisseurs, les investisseurs, … La réussite est aussi affaire de rencontres, de solidarités ou encore de partenariats.
• L’échec n’est pas tragique et n’est jamais définitif. Beaucoup d’entrepreneurs réussissent après avoir surmonté un ou plusieurs échecs.
• Les difficultés liées à l’entrepreneuriat existent, on ne réussit pas à tous les coups. Il y a des risques à appréhender et des obstacles à surmonter.
• Les études et les diplômes sont importants pour réussir dans sa vie d’entrepreneur.
• Entreprendre n’est pas la seule façon de réussir sa vie professionnelle. On peut être heureux comme salarié.
• Créer et développer une entreprise, c’est également faire œuvre utile : répondre à des besoins, créer des emplois, financer la collectivité, encourager l’intégration, …
• L’entreprise n’est pas l’ennemie du salarié : elle lui apporte un emploi, un revenu, une possibilité de formation et de progression.
• Le chef d’entreprise n’est pas l’adversaire de l’employé : leurs intérêts sont liés, le succès de l’un portant celui de l’autre.

Remarque : si cette mesure est stratégique dans le cadre des actions de sensibilisation à l’entrepreneuriat qui doivent être mises en place dans le cadre de l’enseignement secondaire, elle devra également continuer à être appliquée dans le cadre de toutes les filières de l’enseignement supérieur.

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1 commentaire :

  1. Commentaire de Guillaume

    connaissez-vous l’initiatice de Philippe HAYAT : 100000 entrepreneurs ?

    http://www.100000entrepreneurs.com

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